Si je compare le statut de styliste freelance et celui de styliste intégrée, je dirai que les deux possèdent des avantages et des inconvénients. J’ai donc écrit cet article afin de vous aider à déterminer quel est le meilleur statut pour vous entre styliste freelance ou intégré.
Styliste freelance ou intégré :
le styliste intégré

Qu’est ce qu’un styliste intégré ?
Commençons par le⋅a styliste intégré⋅e car c’est souvent par ce statut que démarrent les créatifs. Mais que signifie styliste intégré ? Il s’agit tout simplement d’un⋅e styliste employé⋅e par une entreprise pour travailler sur sa ou ses marques. Que ce soit en CDI ou CDD le⋅a styliste intégré⋅e fait parti⋅e de l’équipe de style à part entière, est salarié⋅e et compte parmi les effectifs de l’entreprise.
Les avantages du styliste intégré
Un salaire fixe

Premièrement, le⋅a styliste intégré⋅e est assuré⋅e d’un revenu fixe mensuel, ce qui n’est pas le cas d’un⋅e freelance. Cela lui permet d’avoir une vie confortable et de faire facilement une demande de prêt pour acheter un bien immobilier par exemple. De plus, si vous travaillez dans une grande entreprise, il n’est pas rare que celles-ci distribuent des bonus (13ème mois, intéressement trimestriel sur les ventes…). Certaines enseignes proposent des avantages comme une réduction dans leurs magasins ou l’accès exclusif aux ventes du personnel.
La proximité des équipes
Contrairement au⋅à la styliste freelance, le⋅a styliste intégré⋅e travaille au quotidien avec son équipe et est physiquement intégré⋅e au bureau de style. La proximité crée une émulsion et permet au⋅à la styliste d’échanger sur la collection en cours plus facilement. La plupart des équipes de style sont situés dans des open-space. Ils sont composés de bureaux mais aussi de bibliothèques de livres sur la mode, de magazines, d’échantillons de tissus et de prototypes de vêtements. Cette base de données est très précieuse pour le⋅a styliste, cela lui permet d’être encore plus créatif.
Créer une ancienneté et un recul sur les collections

Si le⋅a styliste est en CDI ou reste un certains temps dans l’entreprise en CDD, il⋅elle acquiert une expérience, une ancienneté qui a beaucoup de valeur. Il⋅elle a alors la possibilité d’avoir du recul sur les collections antérieures, de connaître notamment les meilleures et moins bonnes ventes. Ainsi, au fur et à mesure des saisons, le⋅a styliste intégré⋅e maîtrise les codes et l’ADN de la marque et propose des créations de plus en plus pertinentes.
Les inconvénients du styliste intégré
La routine

Ennui, perte de motivation… C’est ce qui peut arriver au⋅à la styliste intégré⋅e au bout de plusieurs années dans la même entreprise. En effet, le⋅a styliste intégré⋅e peut avoir l’impression de tourner en rond après un certain nombre de collections. Il⋅elle a alors le choix de chercher un nouvel emploi dans une autre entreprise afin de casser la routine. Il⋅elle peut aussi tenter une évolution dans l’entreprise, ce qui n’est pas toujours possible.
Les tâches peu diversifiées
La routine peut être liée non seulement aux collections qui se ressemblent saisons après saisons, mais aussi aux tâches peu diversifiées. Si certains⋅es stylistes en seront parfaitement satisfaits⋅es, les tâches de chaque membre de l’équipe de style sont très codifiées dans les grandes entreprises. Il peut aussi être frustrant de se voir attribuer toujours les mêmes thèmes ou les mêmes rayons d’une saison à l’autre sans avoir la possibilité de changer.
Les horaires imposés
Le⋅a styliste intégré⋅e n’échappe pas aux horaires de bureau et parfois même aux heures supplémentaires. Ajoutez à cela les réunions du vendredi soir qui s’éternisent, les embouteillages pour rentrer chez vous (alors que vous souhaitiez finir tôt et rentrer fissa prendre l’apéro devant Netflix)… Les horaires peuvent être une contrainte pour certains. Toutefois, les horaires permettent de donner un cadre à l’équipe et à l’employé⋅e souvent nécessaire pour les grandes entreprises.
Styliste freelance ou intégré :
le styliste freelance
Qu’est ce qu’un styliste freelance ?

Un⋅e styliste freelance est un⋅e styliste déclarée sous un statut indépendant. Il⋅elle peut être auto-entrepreneur (c’est mon cas), en portage salarial ou affilié⋅e à la maison des artistes. Si leur entreprise décolle, certains⋅es peuvent même être sous des statuts juridiques plus complexes (SASU, SARL…). Le⋅a styliste freelance n’a pas de contrat dans une entreprise, il est donc prestataire et peut travailler pour plusieurs entreprises en même temps.
Les avantages du styliste freelance
La liberté

La liberté est l’argument principal mis en avant par les stylistes freelance. Je dois reconnaître que c’est un aspect que j’apprécie beaucoup dans ce statut, notamment dans les horaires. En effet, le⋅a styliste freelance s’organise comme il⋅elle le souhaite sans forcément respecter des horaires classiques de bureau. Certains⋅es freelances adorent travailler le soir et même la nuit car c’est à ce moment là qu’ils⋅elles sont le plus productifs. Pour ma part, je conserve des horaires très classiques. Toutefois, je m’octroie la possibilité de caler des rendez-vous personnels en semaine, chose impossible lorsque j’étais salariée.
La diversité de projets et clients
Deuxièmement, le⋅a styliste freelance a la possibilité de travailler pour une diversité de clients et de projets ce qui empêche la monotonie. Il⋅elle peut donc cibler les entreprises et marques qui l’intéressent le plus et se faire plaisir dans ses créations. Il⋅elle devra toutefois respecter l’ADN de marque de ses clients. J’avoue que c’est un des avantages qui me séduit le plus. En effet, je prend beaucoup de plaisir à travailler pour différents clients en même temps. J’avais déjà cette diversité de marques lorsque je travaillais pour l’entreprise Terre de Marins et cela m’avait beaucoup plut.
La diversité de tâches et l’apprentissage permanent
Contrairement au⋅à la styliste intégré⋅e, le⋅a styliste freelance a accès à une grande diversité de tâches. En plus de devoir répondre aux demandes de ses clients, le⋅a styliste freelance doit prospecter de nouveaux clients et travailler sur sa communication. Cette communication peut regrouper un certains nombre de médias : cartes de visite, flyers, site internet, portfolio, réseaux sociaux… Il⋅elle doit également gérer sa comptabilité. Ainsi, le⋅a styliste freelance acquiert souvent de nouvelles compétences dans des domaines divers et variés.
Les inconvénient du styliste freelance
Les démarches administratives

En plus des démarches administratives de mise en route, le⋅a styliste freelance doit se plier à un ensemble de règles et de déclarations. On comptera notamment la déclaration trimestrielle ou mensuelle de chiffre d’affaire pour l’auto-entrepreneur, la déclaration de la CFE, le paiement d’une assurance… Au début de son activité, il arrive souvent que le⋅a styliste freelance cumule les premiers revenus de son entreprise avec une indemnité ARE versée par Pole Emploi. Ajoutez à cela la lourdeurs administrative française et les quiproquos… Il arrive que le⋅a freelance soit dans l’incompréhension ou l’ignorance de ce qu’il⋅elle doit déclarer ou non. La solution pour cela est de partager son expérience avec d’autres freelance afin de s’entraider dans des démarches administratives. Certaines associations peuvent également venir en aide aux personnes ayant besoin de précisions dans ce domaine.
L’insécurité et la peur du lendemain
Le syndrome de l’imposteur, la peur de l’échec, la peur du lendemain et autres maux sont le lot quotidien du⋅e la styliste freelance. Il⋅elle doit sans arrêt démarcher et trouver de nouveaux clients ou communiquer en créant de nouveaux contenus sur internet pour être plus visible. A la longue, cela peut être déprimant voir anxiogène et c’est ce qui fait craquer beaucoup de freelance. Cette insécurité est caractéristique du statut d’indépendant et très présent dans les milieux créatif où la concurrence est rude. De plus, n’ayant pas de salaire fixe le⋅a freelance peut être rapidement en difficulté financière s’il⋅elle n’a pas mis d’argent de côté.
La solitude du freelance

Contrairement au⋅à la styliste intégré⋅e, le⋅a styliste freelance travaille seul⋅e chez lui⋅elle. Même s’il peut arriver qu’il⋅elle se déplace pour des réunions ou pour déposer des dossiers, ses tâches se déroulent en général de son domicile ou de son bureau indépendant. Cela peut engendrer une impression de solitude pour les personnes très sociables, notamment au début lorsque l’entreprise peine à décoller. A contrario, certains⋅es freelance chérissent cette solitude qui constitue pour eux un cocon.
L’abus de certaines entreprises envers les freelances
Certaines entreprises n’hésitent pas à abuser des freelances. Premièrement en négociant au rabais leurs tarifs afin d’en obtenir le plus possible pour un coup moindre. Deuxièmement, d’autre enseignes utilisent ce qu’on appel le «salariat déguisé». Il s’agit d’une pratique visant à travailler avec un freelance… à temps plein ! Cela permet à l’entreprise d’éviter une charge salariale et donc de payer moins de taxe tout en profitant des compétences d’un expert. Le⋅a freelance a alors tous les inconvénient des deux statuts : horaires imposés, insécurité de l’emploi, cotisations de retraite moins intéressantes… Heureusement cela concerne une minorité d’entreprises. Si vous êtes freelance fuyez ce genre de pratique ou faite le en connaissance de cause. Certains freelance sont très contents de ce type de statut par exemple lorsque l’entreprise propose un contrat sur le long terme.
Conclusion

En conclusion, je souligne que chaque argument est évidemment à nuancer et propre à chacun, et que d’autres arguments sont également recevables. Je n’ai pas beaucoup parlé de sécurité de l’emploi car selon moi cette expression est aujourd’hui galvaudée. Bien avant la crise sanitaire de 2020, on a constaté la fermeture d’un certains nombre d’enseignes textile. Entre styliste intégré ou freelance, il n’y a pas de bonne solution, uniquement celle qui vous correspond. J’espère que cet article vous aidera à faire votre choix ou à le conforter.

